Ötillö Hvar Weekend 2018

Hvar, Croatie

Hvar le retour, nouveau parcours

Après l'édition 2017, il était évident pour Stéphane et moi que nous reviendrons à Hvar en 2018. Les binômes ont un peu changé, depuis 1000 lakes, Yann et moi avons une belle occasion de nous qualifier pour Otillo grâce au niveau système 7/24 et nous venons chercher notre 3e point. Stéphane ne voulant pas rater cette épreuve magnifique a réussi à convaincre Candice, une nageuse de notre club, de faire un binôme mixte pour le World Series. Thanh et Federico se joignent à nous pour le sprint qui sera leur premier swimrun ainsi que la première équipe LVN à concourir sur le format court. Comme l'année dernière nous avions choisi de partir le mercredi pour profiter un maximum de l'île et surtout prendre un vol direct jusqu'à Split.

Le voyage s'est déroulé sans encombre malgré la grève en France. Cependant à notre arrivée, le temps n'est vraiment pas de la partie. Les nuages gris, le vent et la pluie nous accueillent à notre grand désarroi. La traversée en bateau se passe relativement bien et nous en profitons pour repérer la mise à l'eau du 3000 qui devrait bien avoir lieu à l'endroit prévu cette année. En arrivant sur l'île de Hvar, les habitudes reviennent et nous passons au Konzum pour faire les courses avant de monter à nos appartements que nous retrouvons avec bonheur après l'année dernière. Le temps ne nous permet malheureusement pas de profiter de la terrasse. Mais nous avons quand même le droit à un joli coucher de soleil.


Le lendemain, au réveil, j'entends clairement la pluie tomber sur les carreaux des fenêtres et je n'ai aucune envie de me lever ! Visiblement c'est pareil pour tout le monde. Pourtant nous avions prévu de partir reconnaitre la nouvelle partie de la course 2018. Finalement nous sortons pour une courte ballade autour du port sous la pluie et dans le vent. Nous repérons un spot intéressant pour une mise à l'eau dans le port et un petit 400m pour commencer l'acclimatation à la température de l'eau. Nous remontons alors nous équiper, l'occasion pour moi de tester ma nouvelle combi Utter Pan et pour Candice, Thanh et Yann de se jeter à l'eau pour la première fois à Hvar. Stéphane nous accompagne et veut tester l'état de ses côtes qui suite à une chute à l'entrainement en début de semaine le font souffrir.

Tout se passe bien, l'eau est vraiment froide. Comme d'habitude, j'ai vraiment froid surtout à la tête mais en restant calme et en avançant tranquillement dans l'eau, ça se passe bien. Tout le monde a trouvé l'eau très froide à la mise à l'eau mais au bout des 400m tout le monde est bien malgré les 13/14° annoncé par nos différentes sources. Stéphane arrive à nager malgré ses douleurs aux côtes, c'est le point positif de la journée. Cette première journée s'achève toujours sous le mauvais temps mais avec la promesse que le lendemain sera bien meilleur.

Effectivement au réveil le vendredi matin, les nuages ont disparu, il n'y a quasiment plus de vent et tout le monde retrouve beaucoup de motivation. Nous partons donc à l'assaut de la nouvelle difficulté du parcours, la montée au fort Napoléon. Sous un soleil de plomb nous avons rapidement très chaud et la pente est importante. A priori nous marcherons dans toute cette partie le jour de la course. Bien que relativement courte, la montée est tout de même technique et le pourcentage est également important. Arrivés en haut, nous profitons des paysages magnifiques et de la vue dégagée pour prendre quelques photos souvenirs. Stéphane est toujours en délicatesse avec ses côtes donc nous préférons rentrer tranquillement plutôt que poursuivre la reconnaissance ce qui nous aurait entrainé beaucoup trop loin. L'après-midi nous allons faire une deuxième séance d'acclimatation à l'eau froide en doublant la distance cette fois. Stéphane a décidé de la faire en maillot, "pas besoin de combinaison pour l'entrainement". De mon côté, la combi Utter Pan semble un peu grande et vu la température extérieure, je préfère mettre ma Orca qui me tiendra moins chaud sur les parties course à pied en plein soleil. Cette fois pas de sensation de grand froid et nous faisons rapidement l'aller-retour prévu. Thanh n'a pas de soucis à nous suivre, c'est de bon augure pour sa course du lendemain. Après cette séance dans l'eau, nous allons attendre le bateau de 17h30 et l'arrivée de Federico pour que l'équipe soit au complet.


Le samedi c'est le jour du sprint, il fait un temps magnifique. Thanh et Federico partent tôt pour leur briefing à 9h00, nous les rejoignons à 10h00 pour les derniers préparatifs. Thanh est stressé, Federico très confiant. A 11h00 le départ est donné, nous avons formé plusieurs groupes de supporters afin de les soutenir le plus possible au long du parcours. Delphine est au départ, Yann, Candice et Stéphane à la première sortie d'eau et moi à la mise à l'eau de la seconde, et plus longue partie natation. Tout va très vite, je vois sur WhatsApp les photos de leur première sortie d'eau, ils ont l'air bien. A mon poste, les premiers arrivent déjà. Les concurrents défilent et je vois Federico arriver tout sourire, Thanh le suit le visage plus marqué. Je les encourage et les voilà en train de s'encorder et de sauter à l'eau. Visiblement les différents binômes n'ont pas tous choisi la même stratégie et j'aperçois plein de petits groupes allant dans des directions un peu différentes. Federico et Thanh remontent bien au milieu de tout ça et bientôt je ne les vois plus.

Le rôle de supporter est tout de même un peu ingrat car on ne peut profiter de nos amis que pour quelques secondes ! La course se passe alors sur les îles en face de Hvar auxquelles nous n'avons pas accès. Nous nous rejoignons tous à la sortie de l'eau de la section natation qui ramène les concurrents sur l'île principale. Nous regardons les pointages sur le live et ils n'ont toujours pas pointé ni au point 2 ni au 3. Nous commençons à nous inquiéter un peu. Les premières équipes sont en vue puis arrivent jusqu'à nous. On note bien qu'il y a du courant qui déporte vers l'intérieur et beaucoup d'équipes se font prendre au piège (le lendemain nous aurons la même traversée). Finalement en scrutant un peu les équipes qui arrivent, je reconnais Thanh et Federico dans l'eau juste devant nous. Les pointages n'ont pas dû fonctionner car ils sont dans les 10 premiers et même à la 3e position Hommes. Nous les encourageons alors un maximum puis nous les laissons attaquer la principale difficulté de leur parcours afin de les encourager plus loin.

Stéphane et Candice se dépêchent pour monter à la Citadelle tandis que Yann et moi allons à la dernière mise à l'eau. Tout va très vite et ils sont déjà dans l'eau pour la dernière partie natation. Malheureusement ils ont perdu une place au classement Homme et l'écart est irrémédiable aussi proche de l'arrivée. Pas grave, ils donnent tout et on les suit en courant pour ne rien rater du finish. Ils finissent 8è de la course et 4e équipe Hommes en 2h00. Ils sont heureux et nous aussi, c'est super de supporter les autres. Une première pour moi qui jusque-là avait toujours été dans les courses. En plus ils nous ont fait courir, une petite préparation pour le lendemain. On rentre alors manger et faire une petite sieste avant de se rendre au briefing de notre course.


Dans la peau d'un sprinter Ötillö par Thanh

Avant la course

C’est le jour J, la course commencera dans un peu moins de 4h. Je me suis réveillé trois fois la nuit dernière, j’ai rêvé qu’on s’était fait disqualifié…Bref je n’ai pas bien dormis. Au réveil je croise Yann qui m’encourage pour la course à venir. Je m’habille, fais ma toilette, prends mon sac et me dirige vers l’appartement du haut où Fédé m’attend pour le petit déjeuner.

Je me contente de manger une banane, et quelque fruits secs, on discute un peu puis on se rend tous les deux au briefing, il est 8h30 et on y va d’un pas tranquille sans aucune pression particulière. Arrivé à l’hôtel, on découvre les concurrents, ils sont nombreux et comme nous, il viennent pour retirer leurs dossards et écouter le briefing. Dans la grande pièce il y a une longue file d’attente et deux files où il y a très peu de monde, on choisit la plus longue file en se disant que c’est celle pour les binômes hommes. Les organisateurs arrivent et nous demandent de nous assoir pour écouter le briefing, prétextant que l’on pourra retirer nos dossards après. Fédé me dit qu’on s’est planté de file et qu’il faut retirer les dossards dans la file du milieu.

Les organisateurs nous rappellent les règles qui régissent la course, l’esprit et la philosophie du swimrun avant de nous projeter une vidéo de course, j’avoue qu’en regardant cette vidéo j’ai failli pleurer tellement cela m’avait ému. Une fois la vidéo terminée, les organisateurs nous font part des règles de sécurité et du matériel obligatoire à avoir sur soi, et c’est là qu’on s’aperçoit qu’il nous manque la bande compressive… On se met en contact avec le groupe via Whatsapp pour savoir s'ils en ont, c’est le cas, après le briefing on retire nos dossards, le sac comprend une carte du parcours, une boisson énergisante lyophilisée, les fameux dossards (n°10) et nos bonnets. On a aussi gagné le droit de montrer à l’organisation notre bande compressive avant le départ.

On quitte l’hôtel et on se rend sur la place du village, là où il y a la ligne de départ, la pression monte un peu plus. Le temps que le groupe arrive, on s’installe à l’ombre, il fait très beau. 10h, les vieux neptuniens sont tous réunis, on s’installe à la terrasse d’un café. Fédé prend un café et un jus d’orange, je regarde les minutes défiler et fini par me lever pour m’équiper. D’un air détendu Fédé me rejoint pour enfiler sa combi, il est tellement détendu qu’au départ il met sa combi à l’envers, la bonne nouvelle c’est qu’il s’en est aperçu tout seul. On prend place à cotés de la ligne de départ. On se prend en photos, Yann me briefe en privé « garder le positif, sourire et prendre plaisir », je rejoins mon binôme.

La course

On rentre dans le sas après avoir montré à l’organisation qu’on a une bande compressive, pendant un moment j’hésite à appeler Stéphanos pour lui rendre sa bande mais au final je la range dans la poche arrière de ma combi. On se place au milieu du sas, on fait quelque photo et on attend impatiemment le départ. Cette fois ça y est on est parti, on sprint comme on peut pour arriver au bout du quai, là on saute en file indienne pour la première mise à l’eau.

Fédé est rapidement devant moi mais j’essaye de ne pas le perdre de vu, je le vois de temps en temps se mettre sur le dos pour me voir. La première natation (qui ne fait que 400m) me parait interminable tant il y a de monde autour, ça nage brouillon et je n’ai pas de bonne sensation dans l’eau. On reçoit des encouragements de l’équipe quand on sort de l’eau, on attaque la course à pied, je vois qu’il y a pas mal de monde devant nous, je cours à coté de Fédé, le rythme est bon, je tiens le coup, Fédé me demande si le rythme me convient, je lui réponds positivement, et là… Il accélère, je le suis en me demandant combien de temps je vais pouvoir tenir.


On arrive sur la deuxième natation (950m sur le papier), comme convenu on s’accroche et on se met à l’eau. L’eau est parfaitement claire, on peut voir le fond ainsi que la corde, j’écarte un peu plus les bras pour ne pas être gêner par cette dernière. Les bras passent bien et je sens bien qu’on avance, on dépasse pas mal de monde, je lève la tête de temps en temps pour voir si le repère de sortie d’eau est visible, pour le moment pas de balise en vue mais je vois qu’il y a cinq binômes devant nous dont trois qui doivent être à cinquante mètre de nous. Je replace ma tête et je tourne les bras sans trop me poser de question, on finit par les rattraper et les laisser surplace. On sort de l’eau et on trace le long de la cote dans un sentier casse gueule, on court sur des cailloux…

Il y a un binôme de visible devant nous et un autre derrière nous, je ne ressens pas de fatigue, je suis les pas de Fédé et on se suit tous à la queue leu leu. Je commence à prendre conscience qu’on est dans le groupe de tête, ce qui me motive pour tenir le rythme. On arrive à la troisième natation et au premier ravito j’ai juste le temps de prendre un verre d’eau et on repart de plus belle, on prend plus de temps que les autres pour nous mettre en place, Fédé part sans son pull, il s’arrête au milieu de la nat pour le replacer et on repart pied au plancher, on attaque la traversé de la dernière petite île, le chemin est à peu près balisé, on s’y reprend à deux fois pour trouver le chemin, le chemins de cailloux est mal foutu, à un moment je trébuche par deux fois sans pour autant tombé… Fédé me conseille de changer ma foulée en levant un peu plus les genoux. On se fait lâché par les binômes de tête.

Quand on arrive sur le ponton de la quatrième natation les binômes de tête sont loin devant mais bizarrement ils suivent une trajectoire à l’opposé de la sortie d’eau. Fédé me demande si je vois la balise, je lui réponds qu’elle est droit devant, il me demande si je suis sûr de mon coups, vu que les premiers sont partie tout à gauche, j’insiste pour qu’on parte droit devant ce que l’on finit par faire. Au milieu de la natation Fédé s’arrête et me redemande la direction en me montrant que les autres sont toujours à gauche de notre position. Je lève la tête et voit la balise de sortie droit devant nous, ainsi que le drapeau des vieux neptuniens. Je lui montre la direction avec mon bras droit. Il le voit et on se remet en route en prenant comme repère le drapeau.

Aux abords de la sortie d’eau on aperçoit nos amis qui sont venu nous encouragés. On sort de l’eau en deuxième positions (classement binôme homme), Yann court quelque mètre à nos côtés en filmant avec sa Gopro (il a oublié de déclencher la vidéo ^^)…On attaque le gros tronçon de course à pied, j’enlève mon bonnet et ouvre légèrement ma combi (pour plus de confort) alors que Fédé ne change rien (me suis dit qu’il était à fond dans sa course). Le premier kilomètre passe bien ça descend légèrement, un binôme mixte nous double et se retrouve rapidement hors de notre portée, arrivé aux abords d’une plage on doit emprunter un sentier qui monte vers un quartier urbain et là les choses commencent à se corser pour moi, c’est simple j’ai attaqué le début du sentier sur le même rythme que la descente et cela m’a rapidement coupé les jambes. Au milieu du sentier, Je me met à marcher pour terminer la montée, on croise des gens qui nous encourages, Fédé m’encourage, dès que l’on se retrouve sur du plat on se remet à courir, on traverse un quartier en regardant les balises de temps en temps, à un moment, on trace sur une ligne droite, on entend des cris derrière nous et en se retournant on s’aperçoit que l’on s’est trompé de direction, le temps de faire marche arrière 2 binômes nous passes devant. On se retrouve à courir dans un champ, on tombe sur le deuxième et dernier ravito, encore une fois on y passe très peu de temps (j’ai rapidement bu un verre et à ma demande je me suis fait arrosé la tête par un bénévole).



On longe des champs et ça ne fait que descendre, Fédé me donne des conseils (allonger mes foulées, me relâcher et bien souffler), En chemin on négocie mal un sentier et on se retrouve à courir dans une flaque pleine de boue…On continu notre bonhomme de chemin et on se retrouve sur la route qui monte vers la citadelle, on se fait doublé de nouveau, la montée se déroule en deux temps. On emprunte une route avant de couper par un sentier qui ne fait que monter, mes jambes ne suivent plus et rapidement je me met à marcher, Fédé m’encourage, j’essaye de repartir mais ça ne répond plus, je regarde en face de moi et j’aperçois que le binôme qui nous a récemment doublé fait de même, On prend notre temps pour finir la montée alors que ceux qui été devant ont réussi à reprendre la course à pied. Arrivée à la citadelle on entame la descente en courant, on croise les copains (Stephanos, Delphine et Candice)ce qui fait plaisir.

On attaque les derniers kilomètres avant la dernière natation, je me concentre sur mon souffle et j’essaye de me forcer à courir le plus longtemps possible. Une personne nous montre la direction à prendre avant que l’on entame la dernière descente vers l’hôtel de l’organisation. On croise JN à la fin du chemin, On s’engage sur le dernier virage, Fédé le prend rapidement, la corde se tend et cela m’entraine sur le côté, je ne sais pas comment j’ai fait pour ne pas tomber (dans le vide) mais j’arrive à me reprendre et on repart. JN nous donne notre position au classement, on attaque la dernière natation, elle se déroule sans encombre en sortant de l’eau on retrouve JN et Yann qui court à nos côtés en nous encourageant jusqu’à la ligne d’arrivée. J’essaye d’accélérer mais je n’y arrive pas, à vingt mètre de l’arrivée JN et Yann nous disent « c’est votre moment, profitez-en », ils s’arrêtent et nous continuons jusqu’au sas pour franchir la ligne d’arrivée.


Après la course

La fatigue se lisait sur mon visage et je n’étais pas en état pour répondre à l’interview de fin de course, Fédé s’en est chargé (en même temps il est meilleurs que moi en anglais), il a répondu aux questions en expliquant les difficultés que l’on a rencontré sur le parcours, il semblait plus en forme que moi.

Après un petit tour au ravito, on se retrouve avec nos amis qui nous félicites pour notre course. Nous finissons 4éme au classement homme et 8eme au classement général. On était un peu déçu de finir avec la cuillère en bois mais les binômes devant nous étaient bien meilleurs en course à pied. Je ne pensai pas que l’on finirait dans le top 10, sans doute parce que mon niveau en course à pied n’est pas terrible, avant la course je me disais que l’on serait dans le milieu de tableau. On a réussi à finir en 2h et on a pris du plaisir à faire cette course. On s’est dit qu’on ferait la distance supérieure la prochaine fois. C’est pourquoi il va falloir continuer à s’entrainer en course à pied et bosser les montées.


Dans tous les cas je remercie les membres des vieux Neptuniens présent ainsi que mon binôme Fédérico pour ce moment que l’on a partagé.

Thanh


World Serie par Jean-Nicolas

Pour cette première course de 2018, avec Yann nous avions décidé de partir vite pour être sur les photos à la sortie de la petite traversée du port à la nage. Nous n’avions pas compté sur le fait que le niveau serait bien plus élevé que l’année précédente et même en partant vite nous devions pointer au-delà de la 20è position après 500m de course. Nous avons alors adapté notre allure pour ne pas exploser trop vite. Visiblement devant c’est parti très très vite et nous ne les reverrons pas. Ce qui me rassure un peu c’est que nous retrouvons les UlTeam non loin et nous rallions la deuxième portion natation avec eux.

Yann est très bien dans la course, il peut prendre des relais en natation et ça c’est top, ça me change et me fait plaisir. Nous remontons du monde dans l’eau et la traversée se passe très bien. Nous arrivons sur la partie vallonée qui m’avait bien fait mal aux jambes l’année dernière et nous la passons bien mieux cette année. Visiblement l’entrainement a payé puisque je cours mieux et Yann peut me suivre. Nous arrivons alors sur le ravitaillement et récupérons la bouée pour le 3000. Yann est tellement enthousiaste pour repartir qu’il ne voit pas une énorme pierre au milieu du chemin et s’étale de tout son long au milieu du chemin. La légende qui veut que mon binôme tombe au moins une fois par course est bien vraie ! Après une belle roulade, il se relève sans soucis. Nous descendons alors jusqu’au départ du 3000 « the Hvar swimming masterpiece ». C’est un peu bizarre de découvrir cette partie du parcours que nous aurions de faire l’année dernière mais très plaisant. Sur le 3000 nous avions prévu que je parte devant et que Yann prenne le relais vers le milieu pour relancer. Tout se passe très bien pour moi devant pendant plus de 1000m puis la fraicheur de l’eau et la fatigue commence à m’atteindre et Yann passe devant, je lutte un peu pour garder ses pieds, puis je lutte beaucoup. Je passe en mode automatique et je ne regarde plus que ses pieds. C’est lui qui fait tout devant et qui me guide.

Nous nous en sortons finalement plutôt bien mais à la sortie de l’eau nous nous trompons de chemin en ratant un virage à droite et finissons dans un cul de sac devant un portail fermé. Après ce petit détour, nous sommes plutôt rapides dans les chemins de trail et c’est très plaisant d’évoluer à ce niveau. Nous sommes loin des meilleurs mais nous donnons le meilleur de nous-même et nous sommes plus rapides que ce que nous n’avons jamais été en course jusque-là. Nous enchainons natation et course à pied sur un bon rythme. Nous ralentissons un peu dans les passages accidentés au milieu des rochers histoire de ne pas tenter le diable avec les appuis de Yann.

Nous arrivons alors sur la partie natation qui nous ramène sur l’île principale, la même où nous avions vu Thanh et Federico la veille. Il y a toujours du courant et des binômes bien trop à gauche. Nous optimisons la trajectoire et arrivons à la mi-course après une belle performance. Les difficultés se présentent devant nous désormais avec la montée de la citadelle et rapidement ensuite la nouvelle montée vers l’observatoire. Yann bien que plus rapide en course sur le plat n’aime toujours pas le D+ et nous ralentissons pour ne pas qu’il explose. Visiblement nous sommes à notre place dans la course, peu de monde nous rattrape et nous ne rattrapons personne.

Il fait extrêmement chaud, je remplis ma flasque en prévision des longues portions de course qui nous attendent. Nous montons lentement mais surement vers la Citadelle, elle est bientôt derrière nous. La montée vers l’observatoire c’est une autre paire de manche et Yann commence à souffrir, moi aussi je commence à avoir très chaud. Les cuisses prennent très cher dans ce passage et nous sommes bien content quand nous arrivons en haut. Après une petite descente et un ravitaillement, nous attaquons la très longue portion de course à pied (quasiment 17k) vallonée au milieu des champs d’Olivier mais surtout en plein soleil et sans ombre. Nous sommes très contents d’avoir un peu d’eau pour tenir. Nous croisons un binôme qui n’avait pas prévu d’eau ou pas assez et qui n’est pas bien du tout. Malheureusement nous venons juste de finir notre eau et ne pouvons les aider, je me sens un peu coupable mais il n’y a rien que nous puissions faire pour les aider. Nous finissons par arriver sur la vraie descente vers la plage et c’est un bonheur de retrouver un peu d’ombre et de l’eau au ravitaillement avant de partir en natation. Ce passage au milieu de la course a été dur mais rien à voir avec Engadin 2017, nous avons bien avancé même si ce n’était pas trop vite.

Il nous reste alors à finir la course par 2 sections natation plutôt à notre avantage ainsi qu’une dernière portion trail et une portion roulante pour rallier l’arrivée. Encore une fois nous sommes tout proche d’un tout pile au temps et je motive Yann pour que nous fassions sous les 7h. Pour une fin de course, nous allons très vite sur les portions natation, je soupçonne un courant favorable de nous y avoir bien aider même si tous les deux avons de bonnes sensations dans l’eau et n’accusons pas trop les effets de la fatigue après avoir bien géré la randonnée de 17k dans les hauteurs de l’île. Sur la dernière traversée, la sortie d’eau n’est pas très bien matérialisée mais Thanh nous attends en agitant le drapeau ce qui nous facilite grandement la tâche pour nous diriger (et visiblement les binômes derrière nous aussi).

Ça sent l’écurie et le chrono nous dit que sous les 7h ça va être compliqué alors on donne tout et on a des ailes qui poussent en cette fin de course. Yann est bien et j’ai des jambes pour mener un bon train sur le final à pied. Nous n’avons jamais été aussi rapides après 6h de course et même s’il n’y a plus d’enjeu, je prends du plaisir à m’envoyer et à donner tout ce qu’il reste d’autant que Yann se sent bien aussi. Finalement nous faisons 7h00, un temps anecdotique pour la course mais c’est la première fois que nous finissons à moins de 2h des vainqueurs. Je suis satisfait de cette première sortie pour 2018, Yann et moi avons progressé à la fois individuellement et en tant que binôme également. Stéphane et Candice sont toujours en course, je récupère un drapeau LVN et je pars à leur rencontre pour les accompagner sur leur fin de course. Je les attends un peu plus que ce que je pensais, ce qui m’inquiète un peu mais je finis par les apercevoir et m’élance pour finir avec eux. Les deux sont bien entamés mais toujours souriants et contents d’être là. L’allure est bonne, ce finish roulant donne des ailes à tout le monde visiblement. Un binôme mixte LVN vient de finir un Otillo World Series pour la première fois ! Tout le monde est aux anges, Hvar est vraiment une course magnifique bien qu’exigeante.


Le bilan est extrêmement positif, tous les nouveaux se sont amusés et ont envie de poursuivre l’aventure !

Jean-Nicolas