Retour sur la saison 2017

Croatie, France, Suisse, Allemagne

C'est l'heure de prendre l'avion pour la Croatie et l'excitation est bien présente. Cette année nous sommes 6 à participer c'est encore plus plaisant de se déplacer en groupe et de partager ces moments magiques avec plus de monde. On a évité les grèves et on est arrivé sans encombre à Roissy, c'est là qu'en attendant l'avion je me rappelle que j'ai un paquet de compte rendu en retard pour 2017, pas de récit de Hvar, de l'Anjou Swimrun, du Triton Swimrun, d'Engadin, de 1000 lakes ni du swimrun Cote d’Azur ! Je vais essayer de rattraper ça au moins partiellement. L'événement majeur de 2017 était le ROTW Swimrun à Karakul au Tadjikistan dont j'ai déjà fait le récit mais qui mérite d'être cité une nouvelle fois tant ce fut une aventure incroyable.

HVAR 2017

Nous avions lancé la saison 2017 par le World Series à Hvar en Croatie pour la première édition. Nous avons eu le plaisir de découvrir une île magnifique, sur laquelle nous revenons aujourd'hui, et une course mémorable. Arrivés le mercredi, nous nous étions acclimatés à l'eau froide et avions reconnu le parcours les journées précédents la course. J'avais ressenti quelques douleurs à l'épaule et devant les conditions parfaites lors des entrainements j'avais décidé de ne pas prendre de plaquette pour la course. Lors du briefing on nous avait annoncé que la météo serait capricieuse le lendemain et le parcours était modifié en conséquence, déplacement du 3000 plus à l'intérieur pour éviter aux concurrents d'être emporté vers le large. Le soleil était bien présent le jour de la course mais le vent était également de la partie et n'a jamais faibli de la journée, obligeant les organisateurs à modifier le parcours en cours de course.

Reprenons au début, le départ de la course donné, nous étions au milieu de la meute et avions décidé de la jouer cool sur la première mise à l'eau seulement 200m après le départ, il s'agissait de se jeter dans le port et nous nous étions dit que nous irions jusqu'au bout du quai pour être tranquille. En arrivant sur l'aire de mise à l'eau, nous nous sommes rendu compte qu'il n'y avait personne au début donc nous avons foncé et même s'il n'y avait que 200m de natation, nous remontons beaucoup de binômes et sortons dans les 15 premiers. Nous empruntons alors un chemin de bord de mer large et maintenons une bonne allure jusqu'à la première difficulté avec une montée en escalier et un passage dans un tunnel suivi d'une descente rapide vers la première difficulté natation de la journée avec un 1700m.




Tout se passe parfaitement bien, nous remontons encore quelques binômes et ne ressentons pas trop de gêne à cause des vagues, qui devaient nous pousser dans le dos. Nous entamons alors la première partie trail jusqu'à la récupération des bouées. Sur ce chemin, nous commençons à sentir nos limites, il faut gérer la course à pied quand toutes les autres équipes semblent à fond. Des binômes nous passent mais ce n'est pas très grave, devant nous se profile LA difficulté de la journée avec un 3000m de natation pour rejoindre l'île en face. C'est un peu le bazar, on ne sait pas vraiment où aller et les bouées qui devaient nous guider ont été emportées par le vent. Lors de la mise à l'eau, les bénévoles nous informe qu'un bateau rouge marquera la sortie. Nous n'avons pas vraiment fait de repérage sur cette partie donc on se jette dans l'inconnue. Je me charge de la bouée et Stéphane reste avec moi. Après une centaine de mètres à l'abri dans une crique nous voilà dans la grande ligne "droite" avec aucun repère intermédiaire. Je m'occupe du cap, j'ai l'impression d'avoir bien vu où nous devions aller et on y va sans se poser de questions. Il y a des binômes partout dans l'eau, on en aperçoit au loin devant et sur les côtés. Visiblement personne n'est sûr de la direction mais je reste sur la mienne. La traversée est longue, le vent fait lever de belles vagues et parfois nous finissons un mouvement de crawl sur le dos sans avoir rien vu venir. C'est déstabilisant et fatiguant surtout pour moi sans plaquette. Stéphane est à côté de moi et n'a pas l'air de souffrir plus que moi donc c'est bon signe, notre binôme reste soudé. Finalement nous finissons par apercevoir le fameux bateau rouge plus à gauche que la trajectoire que j'avais choisi, nous modifions la direction pour s'en approcher. Une fois proche du bateau celui-ci nous indique qu'il faut en fait reprendre bien à droite, sur ma trajectoire initiale, et ça m'énerve un peu, j'ai froid, je suis fatigué et j'avais la bonne direction mais nous avons fait un bon crochet de 400/500m pour rien. La sortie d'eau est pénible pour moi, Stéphane est bien c'est la bonne nouvelle. Visiblement mon Orca Core est un peu légère en protection thermique pour plus d'une heure dans l'eau. Finalement nous finissons la partie natation avec 3500m à la montre en un peu moins d'1h10.

Je fais un long stop au ravitaillement pour prendre de la soupe et me réchauffer, les autres concurrents sont aussi perdus que nous et certains arrivent même en sens inverse. Je ne suis plus aussi lucide que je devrais l'être mais nous repartons quand même, Stéphane est devant et je le suis mécaniquement sans vraiment réfléchir. Les sentiers trail ne sont pas très large et il faut déjà se remettre à l'eau, toujours froide et démontée. Nous arrivons sur une nouvelle île, cette fois pas de sentier mais de la pierre érodée, irrégulière et mouillée par endroit à cause des vagues qui déferlent. Je ne m'attendais pas à ça, il faut être très vigilant et nous ne sommes pas efficace dans ces conditions. Nous ralentissons pour ne pas tomber et se blesser, c'est long mais ça fini par se terminer et nous devons de nouveau plonger pour rallier une nouvelle île.

Nous sortons cette fois sur du sable et rencontrons la caméra du Facebook Live. Les chemins sont bien plus simples sur cet île et nous sommes bien plus sereins sur la partie course à pied. Nous rencontrons alors Michael qui nous informe que la partie natation est déplacée et que les deux dernières parties natation sont annulées. Nous sommes un peu déçus pour l'annulation surtout parce que ça veut dire qu'il va falloir faire toute la fin de la course en course à pied et que ce n'est pas vraiment notre point fort. La natation qui suit est un calvaire pour moi, nous sommes dans une espèce de passe entre deux îles prise entre deux courants inverses qui font s'entrechoquer les vagues. Sans plaquettes, je suis balloté dans tous les sens, je ne suis pas très bien à la sortie de l'eau.

Heureusement nos supporters sont là pour nous encourager et le retour sur la terre ferme et des chemins connus fait du bien. Nous sommes de retour sur la ligne de départ pour le ravitaillement de la mi-course. Nous sommes aux alentours de la 25e place, le classement est vraiment bon mais on sait que ça va être compliqué de la garder car désormais la course fait la part belle à la course à pied, avec la montée à la citadelle puis une autre grosse côte après la dernière portion de natation de 1400m. J'ai repris des forces au ravitaillement et le soleil à l'abri du vent a bien aidé pour se réchauffer. Stéphane est toujours au top, il fait des blagues aux bénévoles en partant avec le carton de cacahuètes. Nous attaquons une longue partie de course à pied avec la montée vers la citadelle, que nous avions reconnu, mais le jour de la course est vraiment différent et nous faisons comme nous pouvons.



Il n'y a personne devant nous et nous n'apercevons personne derrière non plus. En haut de la citadelle, il y a beaucoup de vent mais on se retrouve rapidement à l'abri pour continuer à monter tranquillement. Nous découvrons alors totalement cette partie de la course que nous pensions descendante mais qui est en fait bien plus vallonnée ce qui ne fait pas vraiment plaisir à nos jambes. Une équipe finit par nous doubler peu avant la mise à l'eau. De ce côté de l'île, nous sommes totalement à l'abri du vent et l'eau est plate ce qui est vraiment bien pour moi. Par contre l'eau est également plus froide, ce qui fait que je n'ai pas envie de trainer sur cette ultime partie natation. Tactiquement j'essaie de rester le plus proche du bord possible pour avoir une température d'eau la plus favorable possible. La traversée se passe bien, nous reprenons l'équipe qui nous avait doublé. A la sortie de l'eau, Stéphane a ses premières crampes et nous apercevons au loin dans l'eau 5/6 équipes assez proches de nous qui vont probablement nous reprendre dans la montée qui se profile.

On passe avec une heure d'avance, à 13h30, la barrière horaire T11, Nous sommes encore au coude à coude avec une équipe masculine, mais nos supporters sont également à la sortie de l'eau et nous encourage dans la montée. La pente est raide à telle point que leur scooter tombe en panne et nous rigolons bien. Pour moi psychologiquement ça commence à être dur car ne plus avoir de natation devant nous et un profil avec pas mal de dénivelé ne me motive guère, Stéphane souffre toujours un peu de ses crampes et nous adaptons notre allure. Le premier binôme féminin en profite pour nous doubler. Nous finissons par arriver à Brusje pour un nouveau gros ravitaillement et une descente vers la côte opposée pour reprendre le bord de mer et finir la course. Encore une fois la descente est bien plus vallonnée que prévue ce qui nous coupe les jambes dès que ça remonte un peu.

Les paysages sont splendides, le soleil est très haut dans le ciel, nous profitons de chaque instant puisque nous ne sommes plus vraiment rapides. Les binômes qui nous doublent nous encouragent et cela fait du bien, c'est l'esprit swimrun ça permet de rester dans la course même quand on est moins bien. Arrivé à Milna nous découvrons les parties trails qui remplacent la natation jugée trop dangereuse car les vagues poussent dans les rochers. Là c'est le coup de grâce pour mon mental. Nous attaquons des parties vallonnées en sous-bois alors que nous étions sensés nager. Stéphane se prend les pieds dans une racine et tombe, plus de peur que de mal mais on sent bien qu'il commence à être limite et malgré la faible distance pour rallier l'arrivée, nous privilégions la prudence à la vitesse. Nous finissons par franchir la ligne d'arrivée en un peu plus de 8h00 au-delà de la 40e place.

Nous nous rendons alors compte qu'il n'y a pas beaucoup d'équipes derrière nous alors que nous étions une petite centaine au départ. Seule la moitié finira l'épreuve entre les abandons et les cuts non passés. Le 3000 a fait mal à beaucoup d'équipe qui se sont perdues et pour qui la course s'est arrêtée là, nous n'en avions pas du tout conscience pendant la course. Je suis un peu déçu du classement final au vu de nos classements intermédiaires mais c'est le jeu et la première partie de course est clairement plus adapté à notre profil. Pour la première fois nous avons fait la course dans le premier tiers pendant les 3/4 premières heures et j'avoue que c'est grisant. Cette expérience est bonne à prendre d'autant que nous étions surtout là pour la découverte et prendre du plaisir. Missions amplement réussies, nous serons là l'année prochaine c'est sûr.

ANJOU SWIMRUN

Après cette entame de saison avec Stéphane mon binôme historique, nous avons réussi à convaincre plus d'amis à nous rejoindre sur les courses. Nous sommes inscrits pour Engadin avec deux nouveaux binômes, Yann sera avec moi et Alexandre avec Stéphane. Lors de Hvar nous avions rencontré les organisateurs de l'Anjou Swimrun et nous avions trouvé leur projet super. Nous avions donc décidé de prendre nos marques avec Yann sur cette épreuve et Stéphane faisait binôme avec Charlotte pour le premier binôme mixte de l'histoire LVN.


Nous voilà donc début Mai 2017 à Angers pour participer à la première édition de l'Anjou Swimrun. Le format nous convient, 5km de natation pour 20km à pied avec deux belles bosses. Un bon entraînement pour Engadin sur un format court mais tout de même exigeant. Sur cette course je suis particulièrement en forme et Yann a l'air confiant au départ donc nous partons devant et prenons la tête à la faveur des premières portions natation. Stéphane et Charlotte font également un très bon départ et ne sont pas très loin derrière. Je me rends rapidement compte que Yann est en sur-régime et il m'annonce bientôt "je suis désolé mais j'en peux plus", je ralenti alors pour prendre une allure plus sereine et le laisser récupérer.






Nous arrivons sur la première bosse où il faut gravir un pan de colline plutôt abrupt où nous sommes obligés de marcher. Yann est toujours dans le dur et nous sommes au ralenti, dans la descente Stéphane et Charlotte en profite pour nous doubler. Yann se gère, nous marchons beaucoup. il va falloir pas mal de préparation pour Engadin car ce sera plus long et plus exigeant. Le format de la course est top, nous avons commencé par nager dans un lac puis nous enchainons des parties natation en rivière, le tout entrecoupé de course à pied en bordure d'eau sur des sentiers très agréables.

La course avance tranquillement, nous croisons les concurrents du format court et tout le monde se mélange joyeusement au point que nous ne savons plus vraiment qui est dans notre course. Mais bon vu notre allure cela n'a que peu d'importance. Je garde dans un coin de la tête que nous sommes derrière Stéphane et Charlotte et j'espère que nous pourrons revenir sur eux. Dans les grandes lignes droites nous pouvons les apercevoir au loin, ils sont encore à portée !

Après 2h de course, Yann commence à retrouver la forme et nous pouvons de nouveau relancer un peu, ça me fait plaisir, j'ai des fourmis dans les jambes. Arrive alors le gros morceau de la course, un 1400m dans le lac, le vent s'est un peu levé et il y a du clapot, une situation parfaite pour nous. Yann est encore un peu dans le dur en natation et je gère le cap, la direction est plutôt bonne et nous croisons des binômes dans tous les sens.

A la sortie de l'eau Thanh est là pour nous encourager et nous annonce que Stéphane et Charlotte ne sont pas encore sorti de l'eau. Un peu surpris par cette nouvelle car ils sont partis avant nous sur le 1400, nous attaquons la dernière partie de la course. Yann se sent pousser des ailes et nous courrons bien plus vite désormais. Encore un petit 400 dans l'eau et le sprint final pour rallier l'arrivée. Nous finissons en 3h26. Charlotte et Stéphane ne sont pas loin derrière et finissent en 3h35. Le temps était magnifique, nous avons passé une super journée pleine d'enseignements pour nos courses futures !

Engadin 2017

Après l’édition 2016, avec Stéphane, il nous semblait évident que l’on reviendrait à Silvaplana pour profiter encore une fois du magnifique cadre offert par la vallée d’Engadin. Forts de deux swimrun de préparation Yann et moi nous préparons à affronter notre premier World Series ensemble. Alex lui se prépare pour son premier swimrun tout court, l’entrainement n’est pas utile quand on a le talent ! Et surtout la chance de pouvoir profiter de l’expérience de Stéphane. Comme l’année passée nous avions décidé d’arriver le jeudi pour prendre le temps de s’acclimater à l’altitude et à la température des lacs. Le premier contact d’Alex avec l’eau froide était le moment le plus attendu du début de séjour. Il a posé le cerveau et a foncé, nous étions un peu déçus, tout s’est passé trop vite !

Le parcours ayant été modifié, nous avons été reconnaitre la plus grosse nouveauté. Une nouvelle bosse à la fin remplace désormais la natation dans le lac de Saint Moritz. Même en faisant la reconnaissance à pied, nous avons quelques difficultés. Il y a même un peu de bluff entre nous pour cacher sa vraie forme avant la course, Stéphane et moi étant constamment devant en marchant vite tandis qu’Alex et Yann prennent leur temps derrière. La montée est exigeante, les sentiers ne sont pas difficiles mais le dénivelé se fait bien sentir. Arrivée en haut, nous découvrons un panorama magnifique sur la vallée, c’est notre récompense de la journée. Ça tombe bien parce que la reconnaissance commençait à être un peu longue pour Charlotte et Pauline nos deux supportrices ayant fait le déplacement. Après une petite pause pour profiter des paysages magnifiques, nous entamons la descente et nous nous rendons qu’elle ne sera pas facile car étroite et caillouteuse. Avec la fatigue de la fin de course nous ne serons doute pas très rapide. Nous prenons également le temps d’aller reconnaître le départ de la course et je peux enfin voir la fameuse planche qui a manqué de m’assommer en 2016. Effectivement entre les deux maisons, il y a bien une planche de bois à hauteur d’homme et je me demande bien comment j’ai fait pour ne pas la voir. Vient alors l’heure du briefing que nous suivons consciencieusement avant de rentrer pour les derniers préparatifs.




Comme d’habitude, le sommeil est un peu dur à trouver la veille de la course et la nuit est un peu courte. Il est déjà l’heure d’aller prendre le bus direction la ligne de départ. Il fait un peu gris, le soleil n’est pas encore là. C’est très bien, je me souviens d’avoir souffert de la chaleur dès la première heure l’année passée. Dans le sas de départ, premier pépin pour Alex qui bloque la fermeture éclair de sa combinaison et doit faire une réparation à la va vite (mais qui tiendra jusqu’à l’arrivée). A noter que cette année, la boucle de la première bosse est inversée par rapport à l’année dernière. Nous devrions donc profiter de chemins plus larges au début de la course et ça se vérifie effectivement. Pas de goulot d’étranglement dès le 2è kilomètre ce qui est plutôt plaisant. Dès les premiers pourcentages, Yann ralenti un peu et nous gérons notre allure. Nous n’apercevons bientôt plus Stéphane et Alex. Nous franchissons le premier lac sans difficulté, les conditions sont très bonnes. Le temps couvert permet de ne pas avoir trop chaud sur la course à pied et la température de l’eau dans les lacs est aux alentours de 14 donc largement acceptable. Après le premier lac, nous montons cette fois sur un chemin très serré et nous essayons de nous frayer un passage au milieu d’une file ininterrompue de concurrents.

Yann n’est pas au mieux et à peine la première heure de course passé, il m’annonce « je ne sais pas si je vais pouvoir aller au bout ». Hors de question pour moi d’envisager l’abandon un seul instant. Je le laisse donner le tempo de la course en gardant un œil sur les cutoffs mais nous ne sommes pas si mal finalement. La descente est bienvenue et malgré quelques alertes sur certains appuis, nous finissons tranquillement. Le premier ravitaillement permet de recharger un peu les batteries, nous prenons le temps nécessaire pour récupérer un petit peu. Nous attaquons alors la deuxième bosse et je sens que Yann est vraiment dans le dur physiquement et que psychologiquement il commence à douter. C’est le moment de ne rien lâcher et je l’assiste du mieux que je peux. Nous finissons par passer cette deuxième bosse non sans mal et sur le plateau dans un chemin bien large, Yann fait une grosse chute que je n’ai absolument pas vu venir tant le terrain ne présentait aucune difficulté apparente. Lui non plus ne l’explique pas, sans doute a-t-il voulu éviter un escargot qui traversait sans lumière ! Le sol un peu meuble et l’herbe ont bien amorti la chute et Yann s’en sort avec les coudes un peu égratignés.

Nous continuons sur la descente qui nous amène au premier gros tronçon de natation au bout duquel nous devrions voir nos supporters pour la première fois depuis le début de la course. Sur ce 800m dans l’eau, tout va bien pour Yann qui a les bras qui tournent et prend mes pieds sans problème. Sur terre par contre c’est plus dur et nous sommes toujours dans la gestion pour essayer de garder le plus de force pour rallier l’arrivée. Croiser Charlotte à la sortie de l’eau lui fait du bien au moral mais physiquement il n’est pas au mieux alors nous composons comme nous pouvons dans la 3è difficulté. Les filles nous ont annoncé que Stéphane et Alex ont une vingtaine de minutes d’avance. Au fond de moi j’espère que Yann aura le même sursaut d’énergie à la fin de la course que lors du swimrun d’Angers et que nous pourrons essayer de les rattraper. En attendant nous sommes toujours en souffrance dans la 3è difficulté et à force de devoir contrôler mon allure, je commence moi aussi à avoir les cuisses qui chauffent. Le ciel s’assombrit brusquement devant nous alors que nous finissons la descente et partons sur une nouvelle natation d’un peu moins de 1000m.

Au loin nous apercevons un rideau de pluie avancer vers nous et la pluie commence à tomber. Nous ne savons pas trop à quelle sauce nous allons être mangé mais non avançons rapidement dans l’eau. Nous arrivons alors sur la partie roulante au niveau de Surlej avant la grosse partie de natation de 1400m. Les filles sont là en vélo pour nous encourager. Je vois alors que Yann est incapable d’accélérer sur le plat donc nous gérons de nouveau pour arriver sur le ravitaillement. Là le ciel se déchaine, un orage s’abat sur nous, le tonnerre gronde et les éclairs tombent on ne sait trop où. Il fait alors très froid dans la zone de ravitaillement en plein vent. Nous décidons d’écourter le ravitaillement pour partir sur la natation. Rapidement le mur de pluie nous enveloppe et impossible de voir à plus de deux mètres. Je ne sais pas trop où je vais, j’essaie de faire au mieux pour la direction. Yann est là, nous restons compacts dans l’eau, c’est nécessaire au vue des conditions. Soudain la bouée de mi-parcours apparait devant moi, ma prise de cap n’est pas si mauvaise. Seulement une fois que nous l’avons passé, impossible de voir la rive en face de nous. Encore une fois on fait comme on peut, peu après 1000m dans l’eau un bateau de l’organisation s’approche et nous ordonne de sortir le plus vite possible de l’eau. Nous nous exécutons tant bien que mal, gros virage à droite et tout droit vers la rive. Pas de sortie possible dans les cailloux où nous arrivons, nous sortons tant bien que mal au milieu des branches et des roseaux. C’est un peu la pagaille, nous nous faisons doubler par des binômes qui n’ont pas fait la natation et ont contourné le lac en courant. Fini la natation pour cette course, l’orage ayant poussé l’organisation à annuler les derniers 400m de natation pour les premiers, personnes ne les fera derrière. Nous sommes donc au milieu d’un orage où on nous a demandé de sortir de l’eau pour aller courir sous les sapins. Nous ne comprenons pas tout mais on ne cherche pas à comprendre et on attaque la dernière difficulté de la journée. Le froid, la pluie et la fatigue nous incite à la prudence dans la montée où de toute façon nous n’aurions sans doute pas pu aller plus vite.





A mi montée, l’orage est fini et le soleil fait son apparition, la température corporelle remonte un peu. Ce qui n’est pas pour me déplaire. Après l’épisode de l’orage, Yann est au plus mal physiquement et il faut que je fasse appel à tous les ressorts psychologiques que j’ai sous la main pour qu’il ne lâche pas psychologiquement. Cela fait presque 7h que nous sommes partis et je lui propose un challenge : « allez on finit sous les 8h ». Dans la descente, comme prévu, nous n’avançons pas vite pour éviter les chutes. Nous arrivons sur le plat et il ne reste plus que 3km pour rallier l’arrivée. Il est encore possible de faire sous les 8h mais Yann est désormais au bout de sa vie et je lui parle sans discontinuer en fixant des micro objectifs tous les 200m pour ne pas que l’on s’arrête. Finalement nous finissons en 7h59 au terme d’une course légendaire qui nous aura poussé dans nos retranchements et qui aura vu Stéphane et Alex finir devant nous au plus grand bonheur de Stéphane qui nous avouera que c’était son objectif d’avant course. Ce qui est sûr c’est que Yann et moi nous souviendrons longtemps de cette course et de cette bataille avec nous-même pour aller au bout.

Nous retiendrons également que les petits nouveaux n’ont pas été dégoutés par la course et qu’ils en redemandent, ce qui est de bon augure pour la suite !

1000 Lakes 2017

Après les difficultés rencontrées à Engadin, Yann voulait prendre une revanche et ne pas rester sur un échec. L’Allemagne c’est beau en Octobre il parait ! Nous voilà donc inscrit sur l’étape allemande des World Series. Le profil nous correspond déjà mieux, pas d’énormes montées en perspective, de longues portions de natation. Tout ce qu’il faut pour nous rendre heureux. Personnellement je ne sais pas trop à quoi m’attendre sur une course aussi tôt après la coupure estivale. Après mon périple au Tadjikistan avec Stéphane, la récupération a été un peu plus longue que je l’aurai souhaité mais il faut récupérer. Je n’ai pas vraiment couru, je n’ai pas vraiment nagé mais nous sommes venus nous faire plaisir avant tout.

Nous découvrons Rheinsberg avec beaucoup d’intérêt. Le cadre est une nouvelle fois splendide et même si je ne comprends rien à l’allemand le weekend s’annonce prometteur. Le samedi d’avant course, nous profitons d’un temps magnifique pour aller voir le départ de la course et essayer de voir quelques parties natation au milieu des champs. Le parcours est bien plat, les lacs bien dégagés, la course sera rapide ! Je suis également très content de retrouver Maja sur la course.




Yann est plus en forme qu’à Engadin et a désormais un peu d’expérience sur les swimrun long. Nous attaquons donc la course prudemment depuis le fond du sas de départ. Allure tranquille jusqu’à la première natation où nous doublons beaucoup de monde dans l’eau. La deuxième section natation s’enchaine très rapidement et nous remontons bien dans la course. Les parties courses à pied sont magnifiques en sous-bois, au milieu des arbres dans leur parure automnale et sur des chemins particulièrement larges. La course étant une longue ligne droite, nous croisons nos supporters qu’après 2h de course, la drapeau LVN vole dans le ciel allemand. La course était très rapide et je ne me souviens plus de tous les détails, je me souviens avoir eu mal au genou droit après avoir ressenti une piqure en courant.

Sur la deuxième partie de course, la périostite de Yann s’est réveillée et nous avons dû ralentir pour qu’il ne souffre pas trop. Au fil de la course, les natations s’espacent et les portions course à pied deviennent plus dure avec la fatigue et les petits pépins physiques. Je me souviens aussi de mes plaquettes avec un trou dans lequel se sont logés quelques roseaux pour de belles égratignures sur une sortie d’eau. Je me souviens d’une mise à l’eau où les concurrents ont pris mes parents pour des bénévoles et leur demandait la direction, il y avait d’ailleurs un énorme trou à l’entrée dans l’eau qui en a surpris plus d’un.

Je me souviens en avoir eu marre de me faire doubler à la fin et avoir fini par une grosse natation suivie d’un sprint final avec tout ce qu’il nous restait pour ne pas nous faire reprendre par les 3 équipes que nous avions doublé dans l’eau. Je me souviens qu’il faisait gris, froid, qu’il pleuvait même et qu’il faisait meilleur dans l’eau qu’en dehors. Je me souviens m’être dit que j’adorai ça et que dans ces moments partagés avec son binôme durant la course je me sentais bien vivant !

Swimrun Côte d'Azur

Parmi mes ami(e)s nageurs, de plus en plus de mes (anciens) camarades d’entrainement en piscine chlorée s’intéressent au swimrun et c’est avec grand plaisir que, pour clore cette année 2017 riche en événements LVN, j’ai fait équipe avec Lucie pour le deuxième binôme mixte LVN de l’histoire. Nageuse exceptionnelle et coureuse émérite, c’était l’occasion de tenter une première aventure en équipe mixte et de découvrir le swimrun autrement. Accompagnés de Sylvie nous avons passé un super weekend sur Nice et ses alentours. Le profil de la course était intéressant en termes de répartition natation course à pied pour nous et même si nous ne nous étions jamais entrainés ensemble nous étions confiants sur le fait de pouvoir faire une belle course. Nous avions quand même quelques doutes sur la partie course à pied le long de la côte, le profil n’étant sans doute pas tout plat et goudronné !

Nous voilà donc un beau dimanche matin d’Octobre au départ d’une course dont nous ne savons pas trop ce que cela va donner mais pour laquelle nous espérons bien nous comporter. Dès le départ nous essayons de rester dans le groupe de tête mais ça part très vite. Au bout de 500m, je regarde ma montre qui affiche 3’30/kil en vitesse instantanée. C’est beaucoup trop vite, surtout pour Lulu mais elle ne dit et elle suit comme elle peut. Nous laissons alors partir un paquet d’une bonne dizaine d’équipe pour prendre une allure plus adaptée. La première mise à l’eau arrive très rapidement et c’est un joyeux bordel avec du monde partout et je ne vois pas Lulu qui me passe devant, le temps que je la cherche, elle est déjà loin dans l’eau et je dois m’employer sérieusement pour la rattraper. Cette partie natation bien que chaotique a le mérite de trier les équipes et nous sortons de l’eau dans les 10 premiers.




J’essaie de maintenir une bonne allure en course et pied et Lulu suit sans broncher, nous sommes premier binôme mixte, j’ai des ailes qui poussent. Cependant la course est longue et il ne faut pas trop s’enflammer. D’autant que les parties courses à pieds sont très techniques avec des passages étroits, des escaliers, du sable et évidemment ce n’est pas plat. On passe notre temps à monter et descendre. Au premier pointage nous sommes toujours en tête du classement mixte après quasiment une heure de course. Cependant petit à petit les autres binômes reviennent sur nous dans les parties courses à pied et les parties natation se raccourcissent. Nous traversons des endroits magnifiques, l’eau de la méditerranée est translucide. Nous en profitons un maximum.

Nous commençons à payer notre début de course rapide et voyons que nous ne pouvons suivre le rythme soutenu imposé par les binômes devant nous. Nous arrivons à ne pas nous perdre dans l’eau et on arrive à s’adapter en course à pied, c’est déjà super pour un premier swimrun ensemble. Après la mi-course, nous ne sommes plus certains des distances qu’il nous reste à parcourir et le podium s’est échappé devant nous donc nous en profitons pour nous faire plaisir dans un décor magnifique. Le soleil tape quand même fort et l’eau salée attaque un peu la peau. Je laisse quelques bouts de peau sur un rocher dans une mise à l’eau mais rien de grave, les risques du métier. Après avoir couru sur les plages, nous courons dans les petites ruelles d’une ville tout en ayant traversé un fort. Tout ça c’est génial. Nous finissons


2017 fut une bien belle année de courses et d'aventures avec plein de nouveaux copains swimrunners de tout horizon. Chaque déplacement est l'occasion de partager bien plus qu'une course ensemble et je suis très content de constater que de plus en plus de gens adhère à notre idée et l'esprit LVN. Chaque course est une réussite quel que soit le chrono ou la place, nous passons tous de très bons moments ensemble. 2018 s'annonce encore plus intéressant!

Jean-Nicolas